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Les habitants décideront de l'aménagement du quartier Imprimer
Urbanités - Urbanités
Mardi, 09 Décembre 2008 16:19

En avril dernier, l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) a donné son feu vert pour le projet de réaménagement du quartier Kesler-Devillers. Sabrina Jacqueline, chargée de mission pour la ville de Lanester, nous explique son rôle et la manière dont se déroulera l'opération.
sabrina jacqueline

En quoi consiste votre mission ?

Mon rôle est de coordonner les actions des nombreux partenaires présents sur ce projet. D'abord avec les « financeurs » comme l'ANRU, la Caisse des dépôts, la région, le département, Cap l'Orient, la Foncière logements et la ville. Je suis également le pivot entre les différents maîtres d'ouvrages (BSH, la ville, le Foyer d'Armor et le Logis breton). La ville étant pilote du projet, elle est aussi la seule garante de la bonne réalisation. Et, pour y parvenir, nous devons associer de manière permanente les habitants, les associations et tous les acteurs sociaux présents sur le terrain. Nous travaillerons donc ensemble sur chaque étape du programme et les habitants décideront de l'aménagement du quartier dans le cadre des Ateliers de travail urbain.

Pourquoi Kesler-Devillers ?

Je tiens d'abord à préciser qu'avec 17,6 millions d'euros, c'est un projet relativement modeste comparé aux autres grands projets de rénovation urbaine et notamment Kervénanec à Lorient (environ 90 millions d'euros). On peut dire que c'est un projet d'autant plus modeste qu'il doit être une réussite. Kesler-Devillers est un quartier qui présente un potentiel important : il est proche du centre, des services et des commerces. Il s'agit également d'un quartier aux dimensions relativement modestes, en comparaison des quartiers d'habitat social construit à la même époque. Il a une taille humaine. Urbanistiquement parlant, nous avons constaté que le quartier est fermé sur lui-même et, malgré la proximité avec le centre-ville, il y a très peu de contacts. C'est un quartier que l'on contourne et dans lequel on ne passe pas. Socialement, le quartier compte 39% de familles monoparentales, beaucoup de personnes âgées et 30% de moins de 18 ans (23% de 6 - 12 ans). Il manque un vrai lien entre les habitants et on remarque même des situations de conflits qu'il faut désamorcer. Face à ce constat, nous avons décidé d'intervenir durablement à la fois sur le dur (le bâti) et le mou (le social), sur l'interrelation entre le cadre de vie des habitants et leur situation au quotidien (vie dans le quartier, logement, emploi).

Pouvez-vous nous préciser les grandes lignes du programme ?

Nous allons dans un premier temps déconstruire les barres Pergaud et Lagrange soit 50 logements. L'espace ainsi libéré ouvrira le quartier sur l'extérieur et l'aérera. En contrepartie, nous prévoyons de construire 53 nouveaux logements : 16 maisons individuelles à Kergreis, 20 logements dans des petits collectifs au centre Alpha, 10 au Penher et 7 autres en cœur de ville. En fonction des souhaits des familles à reloger, nous mettons tout en œuvre pour que l'accès à un nouveau logement soit un vecteur d'ascension sociale, de mieux-être dans son logement et son quartier. Pour les habitants qui restent dans le quartier, nous prévoyons de réhabiliter les 220 logements : isolation par l'extérieur, changement des sols, rénovation des cuisines et salles de bain... Ce programme a également un volet social très important. Nous estimons que le quartier offrira environ 8 000 heures de travail d'insertion soit 57 mois de travail à temps plein ! Nous inciterons donc les entreprises à embaucher les gens du quartier.

Projet de renouvellement du quartier

Le quartier aujourd'hui
Vue aérienne du quartier Kesler-Devillers tel qu'il est en 2008.
Futur quartier : scénario 1
Les barres Pergaud et Lagrange ont été déconstruites. Le quartier s'ouvre sur la ville.
Futur quartier : scénario 2
Sur cette proposition d'aménagement, les urbanistes proposent aux habitants un lieu d'implantation de la future maison de quartier.

Comment les habitants réagissent-ils à ces changements ?

Nous devons batailler dur pour établir une vraie relation de confiance. La plupart des habitants craignent une augmentation de loyer. C'est en effet inévitable mais à terme, cette intervention diminuera les charges. Tout le monde devrait donc s'y retrouver. Un seul exemple : la nouvelle chaudière à bois fera baisser considérablement les frais de chauffage. Et puis, nous avons pris le parti de travailler avec les habitants. A nous de nouer un véritable dialogue. Pour ce qui concerne l'aménagement des pieds d'immeuble, par exemple, les résidents ont une grande marge de manœuvre. Lors des ateliers urbains, nous les invitons à réfléchir à ce qu'ils veulent voir au sortir de chez eux : un parc, une roseraie, des jardins collectifs, des jeux... Rien n'est décidé, tout reste à faire. Nous les interrogeons aussi sur leurs envies : où veulent-ils que soit installée la maison de quartier ? Une halte garderie est-elle envisageable ? Et pourquoi pas un garage associatif ? Les idées ne manquent pas mais c'est aux habitants de trancher.

DéBé


Commentaires
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goasguen   |2010-01-05 10:56:23
C'est tres bien, car il est sale et les personnes n'on pas envie d'habiter dans un quartier delinquant.Et en voyant tous ces projet ça donnera envie aux habitants de venir y habiter.Et j'espère que le loyer ne sera pas trop cher.
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